Résumé du livre « Victime, bourreau ou sauveur » – Christel Petitcollin

Cet article est un résumé du livre Victime, Bourreau ou sauveur : comment sortir du piège ? de Christel Petitcollin. Il s’agit d’un petit livre exceptionnel pour tous ceux qui souhaitent améliorer leurs relations sociales. De plus, il est rapide et agréable à lire. Je recommande les yeux fermés.

 

Livre Victime, bourreau ou sauveur

Les 3 découvertes d’Eric Berne

Eric Berne est un grand psychiatre américain connu pour avoir fondé l’analyse transactionnelle : c’est une théorie qui permet de comprendre les jeux psychologiques dans les rapports sociaux. Vous allez découvrir trois découvertes majeures du psychiatre en terme de relations humaines.

1. Nous avons un besoin vital de reconnaissance

En plus d’avoir besoin d’eau, de nourriture et de sommeil, l’être humain a également besoin de quelque chose d’aussi vitale : la reconnaissance de son existence. Si vous laissez une personne dans une pièce vide, silencieuse et éclairée d’une lumière artificielle, alors cette dernière ne résistera pas longtemps. (Lisez le livre Le joueur d’échecs de Zweig pour réaliser l’horreur de vivre isolé.)

Conséquence: on a besoin d ‘attirer l’attention des autres d’une manière ou d’une autre. Pour y parvenir, on utilise tous les moyens possibles: la râlerie, les critiques, la bêtise… Il est souvent dit que les enfants préfèrent être grondés qu’ignorés. En réalité, c’est vrai pour les adultes également.

2. Nous organisons nos journées pour recevoir notre dose de reconnaissance

A un moment donné, nous avons besoin d’obtenir de la reconnaissance. Or pour y parvenir, nous n’hésitons pas à  déclencher un « jeu transactionnel ». Je m’explique : imaginez être de retour chez vous après une longue journée. Vous demandez à votre partenaire « as-tu passé une bonne journée ? ». Et il vous répond « Ça va ! » tout en continuant de regarder la télé. Maintenant, deuxième tentative de capter l’attention, vous arrivez à la cuisine et vous voyez que le repas n’est pas prêt: « ah ben merci, je pensais que tu ferais à manger ! Je vais devoir le faire comme d’habitude ! ». Après cette remarque, il y a de fortes chances d’avoir un retour énervé du partenaire. Mais au moins, vous aurez attiré son attention.

3. Les positions de vie

En fonction de ce qu’on a reçu comme attention positive ou négative dans notre enfance, on a grandi avec une certaine « position de vie ». Ça correspond à l’idée qu’on se fait de la valeur des autres et de la sienne. On trouve sa propre position de vie en répondant à deux questions: 1) « Suis-je quelqu’un de bien ? »; 2) « Puis-je faire confiance aux autres ? »:

  • Réponse Oui/oui : la personne fonctionne d’égal à égal avec les autres, dans un esprit de collaboration avec sincérité et authenticité.
  • Réponse Non/non : personne (auto)destructrice
  • Réponse Oui/non : la personne a tendance à mépriser les autres et à se croire supérieur.
  • Réponse non/oui : la personne est complexée, admiratifs et envieux;

Cette position de vie a tendance à être confirmée par nos jeux de rôle.

 

Le triangle de Karpman

Eric Berne a identifié différents types de « jeux de rôle » entre les personnes, mais c’est Stephan Karpman qui va clarifier et synthétiser les différents rôles : la victime, le bourreau et le sauveur .

  • La victime est fragile en apparence, passive, malheureuse, plaintive, elle vous culpabilise quand vous allez bien, elle fait pitié…
  • Le bourreau est autoritaire, sévère, cassant et méprisant. Il est intimidant et on n’a pas envie de le contrarier.
  • Le sauveur est généreux, bon, altruiste, fort, équilibré… C’est un drogué de travail qui n’a pas peur de défendre les opprimés et les causes perdues. Problème : il a tendance à infantiliser, étouffer et rendre les autres dépendants.

Nous changeons de rôle régulièrement

Vous pouvez très vite changer de rôle. Par exemple, un chômeur peut tôt ou tard reprocher à son agence pôle emploi son inefficacité, faisant ainsi passer l’agence du rôle de sauveur à victime. Le chômeur quant à lui vient de passer du rôle de victime au persécuteur.

On trouve des intérêts dans chacun de ces trois rôles

Bénéfices d’être une victime: elle attire la sympathie et la pitié. C’est parfait pour monopoliser l’attention et ne pas répondre de ses actes.

Bénéfice du persécuteur : il peut évacuer sa frustration sur…une victime par exemple. C’est le cas typique de l’homme sermonné par son patron et qui se met à crier sur sa femme quand il revient. La femme se met alors à déverser ses frustrations sur l’enfant, etc…De plus, le persécuteur a une illusion de puissance et d’autorité.

Bénéfice du sauveur : il nourrit son ego de sa propre générosité. Tout le monde aime se sentir généreux, altruiste et charitable. De plus, le sauveur y trouve également un sentiment de puissance car il croit avoir la solution aux problèmes des autres.

 

Quelles sont les comportements qui déclenchent le triangle de Karpman ?

Les appâts: les phrases qui déclenchent les conflits

Certaines phrases et comportements déclenchent les conflits. Identifiez-les vôtres et supprimez-les de votre communication.

  • Les exagérations: on a tendance à exagérer certaines actions. Par exemple, vous venez de descendre la poubelle et vous dites à votre partenaire « j’en ai marre, c’est toujours moi qui m’occupe de tout, tu pourrais vraiment le faire à ma place quelques fois. » Est-ce que vous faites vraiment tout ? Probablement pas. Pourtant, ça énervera le partenaire.
  • La dévalorisation : « Ce n’est pas comme…lui au moins, il…« 
  • Les étiquettes: « Toi, tu viens d’école de commerce. »; « arrête avec tes idées féministes »;
  • La moquerie
  • Assener des vérités immuables:  « tu vas finir au chômage si tu ne travailles pas assez à l’école !« ; « les politiciens sont tous corrompus.« 
  • « T’énerve pas !« ;  « Calme toi ! « : c’est pire, ça énerve encore plus d’entendre ça.
  • Etc… Les déclencheurs sont infinis.

Nous avons tous des points faibles

Il y a des sujets qui nous touchent plus ou moins. Par exemple, il se peut que votre poids vous pose un vrai soucis. Si c’est le cas, alors vous serez d’autant plus sensible à une personne qui vous dira « ah bien t’as grossi toi, non ? « . Identifiez vos points faibles en vous posant les questions suivantes :

  • Qu’est-ce-que je déteste dans la vie?
  • De quoi ai-je honte ?
  • Qu’est-ce qui est sacré pour moi ?
  • Qu’est-ce qui me fait culpabiliser ?

Nous avons tendance à réagir du tac-au-tac lorsqu’une personne nous envoie un « appât »sur un sujet sensible. Les réactions diffèrent: cris, pleurs, engueulades, honte…

 

Répertoire de jeux

Jeux de victimes

1. La jambe de bois – ça consiste à plaider l’irresponsabilité en disant par exemple : « j’y suis allé mais c’était fermé.« ; « C’est mon pied qui a glissé.« ; « je ne comprends rien à ce sujet. »

2. Sans toi – idéal pour culpabiliser : »Je n’aurais pas dû t’écouter, ça n’a pas marché.« ; « A cause de toi, je n’ai pas pu réaliser la carrière professionnelle de mes rêves. »

3. C’est affreux – tout va mal, ce jeu consiste à se plaindre en permanence : « la crise économique va être catastrophique. »; « il y a encore eu un accident dans les transports. »;

4. Donner moi des coups de pied – ça consiste à faire des erreurs et des réflexions pour pousser les autres à vous bouger ! « Pfff, je suis nul, je ne vais jamais y arriver. »

5. Se tuer à la tâche – La personne est surmenée, elle a dix mille choses à faire et elle s’en plaint à tout le monde.

Jeux de persécuteurs

1. Oui, mais – certains persécuteurs aiment démonter vos solutions : « c’est une bonne idée de déménager, mais tu vas te retrouver tout seul là-bas.« ; « Comment veux-tu monter ton entreprise ? La banque n’acceptera jamais de te prêter de l’argent. »

2. le combat – mettre les gens en conflit : « excusez-moi, Wikipédia n’est pas d’accord avec vous, je viens de vérifier. »

3. Cette fois, je te tiens – ça consiste à guetter la moindre faute de l’autre pour lui faire remarquer.

4. Dire du mal de l’autre – il arrive de dire des méchancetés et d’insister sur les défauts des gens qu’on aime.

5. La scène – ça consiste à faire tout un cinéma pour éviter de résoudre un problème.

Jeux de sauveurs

1. Je vous ai aidé, maintenant c’est à vous – certains sauveurs vous aident, puis ils vous font sentir que vous leur devez quelque chose.

2. Je vous aide même si vous n’en avez pas besoin – c’est un sauveur qui apporte de l’aide sans qu’on lui demande rien. Presque il empire la situation.

3. Tribunal – défendre les opprimés par défaut. Ou variante: défendre une personne quoi qu’elle fasse.

4. Tous solidaires – ça consiste à mettre tout le monde dans le même bateau pour protéger les minorités. Il y a un refus de considérer les différences.

La liste des jeux sont infinis, il suffit de trouver le vôtre pour éviter de tomber dedans.

 

Prendre conscience de son rôle

  1. Ayez conscience des rôles que vous jouez.
  2. Si vous ne faites rien, les jeux vont s’intensifier.
  3. Prendre sur soi lorsqu’un déclencheur se produit : si vous réagissez, vous tombez dans le jeu de rôle.
  4. Pratiquez le « sadisme joyeux » : essayez de ne pas réagir aux provocations des autres. Au début, vous verrez que ça perturbera vos proches. Il vous arrivera même qu’on vous reproche de ne pas réagir.

 

Assurez-vous de mettre en place le bon comportement

  1. Régler les malentendus un par un.
  2. Agir dans les six heures après un conflit/malentendu.
  3. Communiquer directement avec la personne concernée.
  4. S’en tenir aux faits
  5. Rester poli et mesuré : pas de sarcasme, d’étiquette, ou d’exagérations…
  6. Exprimez vos pensées pour éviter les malentendus et n’essayez pas d’interpréter celles des autres.

 

Sortir du triangle de Karpman

La meilleure façon de sortir du triangle de Karpman est de neutraliser les rôles. S’il n’y a pas de victime, il ne peut pas y avoir de sauveurs ou de persécuteurs. Même chose pour les autres rôles.

Comment faire si vous êtes en face d’une victime ? Empêcher la victime d’exprimer ses plaintes et ses misères. Essayez d’orienter la discussion sur comment elle peut résoudre ces problèmes.

Comment faire en face d’un persécuteur ? Souvenez-vous que vous avez le contrôle : on ne peut vous blesser uniquement si vous le voulez bien. Si la personne est vraiment intimidante, dites-lui de garder une attitude courtoise et respectueuse. Si son comportement va trop loin (menace, coups…), ne cédez pas et allez porter plainte, au moins pour montrer que vous n’entrez pas dans son jeu.

Comment faire face à un sauveur ? Il faut oser repousser l’aide offerte. Pour éviter la rancune, remerciez-le sincèrement pour sa demande d’aide. Il faut se souvenir que les jeux de manipulation sont pour la plupart du temps inconscient. Un sauveur ne comprendra donc pas pourquoi vous refusez de l’aide offerte.

 

Comment aider une personne sans tomber dans le rôle du sauveur ?

  1. La demande d’aide doit être clairement formulée. Une victime essaye toujours de recevoir de l’aide sans rien demander : ça lui permet en fin de jeu de vous dire « je ne vous avais rien demandé !« 
  2. L’aide doit être cadrée dans le temps et dans le contenu.
  3. Évitez de donner sans rien recevoir en retour. Pour beaucoup de gens, c’est extrêmement humiliant de recevoir quelque chose sans pouvoir être capable de donner en retour. Pas besoin de demander un retour équivalent au service rendu.
  4. Ne pas réaliser plus de 50% de la tâche de l’autre. Sinon, c’est de l’assistanat.
  5. L’aide doit viser le retour à l’autonomie.

 

Désamorcer un jeu

  1. Désamorcer « l’appât » en faisant de l’humour ou en les ignorant avec des phrases du type « si tu le dis…« ; « tu as le droit de le croire…« .
  2. Identifier et protéger ses points faibles.
  3. Évitez les réponses automatisées : prenez conscience à quel point vous réagissez toujours de la même façon face aux mêmes remarques.
  4. Ne plus endosser l’un des trois rôles.
  5. Repérez le moment où les gens rentrent dans le jeu. Ça peut même devenir marrant de voir à quel point c’est parfois ridicule.

 

Conclusion

Le livre permet vraiment de prendre conscience des dynamiques sociales. Après avoir lu ce livre, je me suis rendu compte que je suis resté longtemps dans certains rôles sans m’en rendre compte. Et avec du recul, j’aurais eu besoin de ce livre plus tôt. En revanche, la difficulté est de tenir dans le temps. Comment réussir à éviter de retomber dans ces jeux de rôle ? Ce n’est pas si évident…

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