10 leçons à tirer de la biographie d’Henry Ford

L’autobiographie d’Henry Ford est un très bon livre et pas uniquement pour les entrepreneurs. Le fondateur du fordisme raconte  son histoire et partage également sa vision sur de nombreux sujets importants. Il parle de capitalisme, de travail, d’éducation, d’agriculture, de guerre… Et ses propos restent extrêmement modernes malgré le temps. Alors oui, l’homme n’est pas un saint, mais sa vision vaut largement la peine d’être étudiée.

Vous trouverez dans cet article 10 principes que j’ai trouvés particulièrement marquants. Ce ne sont pas les seuls, je vous invite vraiment à lire le livre pour vous faire votre propre opinion.

 

Henry Ford
Photographie d’Henry Ford réalisé par Fred Hartsook en 1919.

1) Se méfier des experts

« Telle est la mentalité des connaisseurs. Ce qu’ils ont appris jusqu’aux derniers détails leur inspire la conviction que toute autre conception est irréalisable. Aucune objection ne leur échappe, c’est pourquoi je n’emploie jamais un expert en pleine réputation. Si j’avais envie de tuer mes concurrents par un moyen déloyal, je leur procurerais à mes frais des experts. »

 

2) Le but de la vie n’est pas de s’arrêter de travailler pour profiter de ses rentes

« J’ai aussi noté chez beaucoup d’hommes d’affaires une tendance à se plaindre de leur sort. Ils travaillent en vue de pouvoir, à un jour fixé d’avance, se retirer des affaires et vivre de leurs rentes, abandonnant la lutte. La vie, pour eux, est une bataille qu’il faut achever le plus vite possible. C’est encore une façon de voir que je ne partage pas ; car si l’on raisonne, nous n’avons pas d’autre bataille à livrer dans la vie que contre notre propre inclination à l’inertie.

 

3) On se fiche de la concurrence

« Le temps employé à combattre la concurrence est du temps perdu : il serait mieux employé à travailler. Il y a toujours assez de gens disposés et empressés à acheter, pourvu qu’on leur fournisse ce qu’ils veulent et au juste prix. Ceci s’applique aux services personnels, non moins qu’aux marchandises. »

 

4) Quand votre affaire commence à marcher, ce n’est que le début

Contexte de l’extrait : en 1908, la société Ford fabrique environ 100 voitures par jour. C’est déjà bien mais ce n’est rien par rapport à ce qui va suivre. C’est encore un temps où Ford ne se différencie pas des autres sociétés existantes.

« Nous avions à peu près suivi les habitudes de l’industrie. Notre machine était moins compliquée qu’aucune autre, et nous n’avions pas d’argent extérieur dans notre affaire. Mais hors ces deux points, nous ne différions pas sensiblement des autres sociétés. […]

En résumé, nous étions une société prospère. Il nous aurait été facile de nous asseoir et de dire : « nous voici arrivés. Contentons-nous de garder ce que nous avons. »[…]

Si j’avais voulu suivre l’avis général de mes associés, je me serais contenté de maintenir nos affaires à leur niveau actuel et d’employer notre argent à la construction d’un bel immeuble administratif; d’établir des ententes avec ceux de nos concurrents dont l’activité nous inquiétait; de produire de temps à autre de nouveaux types pour réveiller le goût du public; en un mot de prendre l’allure d’un citoyen paisible et sérieux, administrant une affaire sérieuse et paisible. »

 

5) Le travail routinier satisfait beaucoup de gens

« La plupart des travailleurs, je le dis à regret, recherchent les occupations qui ne leur imposent pas un trop grand effort musculaire, mais avant tout, ils recherchent celles qui ne les obligent pas à penser. Les personnes douées de ce que l’on pourrait appeler l’intelligence créatrice, et qui ont la monotonie en horreur, sont portées à croire que tous les autres esprits sont, comme les leurs, ennemis du repos, et en conséquence à éprouver à l’endroit du manœuvre qui, du matin au soir, répète sans cesse la même opération, une compassion tout à fait injustifiée.

Si l’on va au fond des choses, la plupart des occupations participent de ce caractère monotone. L’homme d’affaires a une routine qu’il suit avec beaucoup d’exactitude. Le travail d’un directeur de banque est presque entièrement routinier; celui des employés subalternes d’une banque l’est complètement. Par le fait, dans de nombreux domaines, le caractère de la plupart des hommes impose la nécessité d’une sorte de routine et la répétition incessante des mêmes actes. »

 

6) La créativité ne doit pas se limiter à l’art

« On ne parle de création qu’en matière de musique, de peinture et d’art. On paraît limiter les frontières créatrices de l’intelligence à la production de tableaux, de symphonies, ou d’autres œuvres destinées à charmer les loisirs de personnes oisives et raffinées, réunies pour admirer mutuellement leur culture.

Mais quiconque cherche un domaine d’activité créatrice essentielle n’a qu’à aborder un domaine où s’exercent des lois plus hautes que celles de l’harmonie, de la ligne, ou de la couleur, le domaine où il aura affaire aux lois qui régissent la personnalité humaine. Nous avons besoin d’artistes en matière de relations industrielles, de maîtres dans les méthodes de l’industrie, dans l’intérêt à la fois du producteur et du produit. Nous avons besoin d’hommes capables de pétrir la pâte politique, sociale, industrielle et morale, d’en faire un tout robuste, et harmonieux. Nous avons trop limité la faculté créatrice et l’avons employée à des fins trop banales. »

 

7) Empruntez de l’argent uniquement quand tout va bien

« Le bon moment pour emprunter, s’il existe, c’est quand on n’a pas besoin d’argent; c’est à dire, quand on n’en a pas besoin pour parer aux conséquences de ses erreurs. Lorsqu’une affaire marche très bien et à besoin de s’étendre, on peut emprunter sans imprudence. Mais si l’argent fait défaut par la suite d’une mauvaise gestion, il s’impose de pénétrer dans les entrailles de l’entreprise, et de la soigner par l’intérieur, au lieu d’y appliquer un emprunt extérieur, comme un cataplasme. »

 

8) Les bénéfices d’une entreprise doivent aussi profiter à la clientèle

« Les bénéfices appartiennent à trois éléments. Ils appartiennent d’abord à l’entreprise qui les produit, et doivent la maintenir robuste, progressive et saine. Ils appartiennent en second lieu à ceux dont le travail contribue à les créer. Ils appartiennent enfin, pour une part, au public. Une entreprise prospère profite à ces trois éléments : la direction, le travail, la clientèle.

Il est des gens dont les bénéfices sont excessifs. Ils devraient être les premiers à abaisser les prix de vente. Ils ne le font pas. Ils font retomber sur le consommateur, de proche en proche, tout le poids des frais exagérés, et lui imposent encore un tant pour cent sur les prix ainsi augmentés. Toute leur philosophie des affaires se réduit à cette maxime : « Tant qu’il y en a, profitez-en ! » Voilà les spéculateurs, les exploiteurs, l’élément pernicieux qui ne cesse de faire tort aux intérêts légitimes. Rien de bon à attendre de ces gens-là. Leur vision est sans portée et ne va pas plus loin que les pages de leur livre de caisse. »

[…]

« On a cru longtemps que l’entreprise n’avait pour objet que le bénéfice. C’est une erreur. L’entreprise a pour objet l’utilité générale. »

 

9) La charité est-elle vraiment utile ?

La vision d’Henry Ford sur la charité est vraiment intéressante. Il est difficile de résumer sa vision à l’aide de simples extraits. J’espère ne pas écorcher le message qu’il souhaite faire passer.

« Pourquoi faut-il dans une société civilisée, que la bienfaisance soit nécessaire ? Je ne condamne certes pas les sentiments charitables : Dieu me garde de rester impassible devant la détresse de mon prochain. L’humanité est un trop beau sentiment pour n’être préférée à la froideur et au calcul, et l’on aurait peine à signaler un grand progrès qui n’ait derrière lui l’amour de l’humanité. Le souci de porter aide à ses semblables est l’inspiration de toute activité honorable.

Mais notre faute est d’avoir employé cette grande et belle force d’impulsion à des fins trop restreintes. Si l’humanité nous porte à nourrir les affamés, pourquoi ne nous inspirerait-elle pas une ambition plus vaste, celle de rendre la faim impossible au milieu de nous ? Si nous aimons assez nos semblables pour les tirer de la misère, ne devrions-nous pas les aimer assez pour les empêcher d’y tomber ?

Il est aisé de faire la charité. Il est plus difficile de rendre la charité inutile. »

[…]

L’idée régnait, il y a peu d’années, que tout homme était en droit de compter sur une aide. Une foule innombrable d’individus devinrent les bénéficiaires d’œuvres sociales bien intentionnées. On vit des catégories entières de nos concitoyens que leurs boniments poussèrent à attendre tout des autres, comme des enfants incapables de s’aider à eux-mêmes.

Cela devint une véritable profession de faire des choses pour les gens, où les personnes désireuses de se rendre utiles trouvèrent l’occasion de se satisfaire. Mais leurs efforts ne contribuèrent pas à répandre dans le peuple l’habitude de compter sur soi, d’apprendre l’autonomie, ni de rechercher à supprimer les causes à l’origine du besoin de charité, besoin qui ne cesse alors d’augmenter.

[…]

Une organisation charitable, si elle ne se propose pas pour but de devenir inutile, ne fait rien de bon : elle se crée de l’occupation, c’est tout.

 

10) Le secret pour réussir ce qu’on entreprend

« Tout homme est sujet à échouer dans ses efforts, et ce n’est qu’à force d’échecs que l’on finit par réussir et par devenir habile. Mais si vous laissez un échec de détail, l’insuccès d’une tentative, implanter votre esprit la terreur d’échouer, c’est un malheur. […]

Ceux qui renoncent sont donc plus nombreux que ceux qui échouent. Ce qui leur manque, ce n’est ni l’intelligence, ni l’argent, ni l’imagination, ni l’ardeur, mais seulement le nerf et la résistance. Dans cette vie d’effort et de lutte, la victoire est le lot de cette force brute, simple, primitive, l’obstination. »

[…]

« Un homme de valeur est celui qui est capable de réaliser. Sa capacité résulte des moyens qui sont en lui, et ces moyens dérivent à la fois de ses dons naturels et des efforts qu’il a faits pour les augmenter et les discipliner. »

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